À la rencontre des éboueurs, portrait d’un ripeur

Agents de la propreté, ces femmes et hommes de l’ombre travaillent sans cesse pour améliorer notre cadre de vie. Leur fonction est essentielle à la société, et pourtant ces métiers demeurent mal-connus.


En cette période de crise sanitaire internationale, Up to Tri est allé à la rencontre de l’un d’entre eux, pour rompre avec les clichés et mettre en lumière ceux qui continuent d’assurer leurs missions malgré les risques. Michel à 59 ans, retraité depuis 2 « après 37 ans derrière les camions poubelles » comme il dit. Ripeur depuis l'âge de 20 ans, à Chambéry Métropole, il nous raconte son métier.



Bonjour Michel, une première question, quel a été ton parcours pour exercer ce métier ?


« C’est simple, je suis arrivé à la ville, à Chambéry Métropole, j’avais 20 ans. J’avais besoin de travailler et j’étais motivé. Pour être ripeur, il n’y avait pas besoin de formation spécifique. C'est un métier qui s'apprend sur le tas, on sait vite si on est fait pour ça ou pas. Aujourd’hui, ça a peut-être un peu changé, mais à l’époque, il suffisait d’être dégourdi. Majoritairement c’est des hommes, des jeunes et des gars usés qu’ils recyclent. »


Peux-tu nous décrire ton métier ?


« Notre métier, c’est de ramasser les poubelles et de nettoyer les rues. Dans toute la ville et les communes alentours de Chambéry. On collecte les ordures ménagères des habitants et des marchés. On fonctionne en équipe de trois. Deux à l’arrière et le chauffeur. Il m’arrivait de changer d’équipe, et parfois, on faisait deux tournées séparées dans la matinée. Une pour les déchets ménagers et une pour le tri, des cartons par exemple qui sont dans des bacs spéciaux. J’étais à 32 heures par semaine. »


Tu m’as dit que tu aimais ton métier, pourquoi ?


« Parce qu’il est utile ! Et honnêtement, j’ai choisi ce métier pour avoir du temps libre. Je ne travaillais que le matin, il faut se lever tôt, les horaires c’est 6h15 - 12h20. Une fois la tournée terminée, j’avais tous mes après-midi de libre. Et puis j’aime être dehors. Il me fallait un métier en extérieur, où l’on puisse bouger. »


Quels sont les inconvénients de ce métier ?


« C’est pénible ! Ce métier est fatiguant, usant même je dirais. Il faut se rendre compte, on soulève des bacs de 50 à 80 kilos. En une matinée on devait être à 15 tonnes à deux. Ce travail m’a laissé quelques séquelles : mal au dos et aux épaules. Pour être ripeur il faut être solide, c’est physique, très physique. Et puis il y a l’hiver. En été, ça va parce qu’il fait chaud, mais en hiver, le froid à 5h00 du matin, il faut être résistant. »


On dit souvent que les déchets c’est sale, qu’est-ce que tu en penses ?


« Non ce n’est pas sale, c’est même propre. En tout cas, on s’habitue et puis ramasser les poubelles est un travail comme un autre. On trouve de tout dans les poubelles, des radios, des tables, des chaises, des machines à laver. Et puis les gens font le tri, du moins en théorie. Le problème, parfois, c’est qu’ils font vraiment n’importe quoi. Encore à Chambéry on n’a pas trop à se plaindre mais en général je constate que les gens ont la flemme de trier, il y a vraiment des progrès à faire. »


Et en parlant de progrès, en 37 ans de carrière, as-tu remarqué des évolutions dans ton métier ?


« Aujourd’hui c’est peut-être encore plus difficile qu’avant ! Les tournées sont plus longues, elles commencent à 5h00 et terminent à 13h00, et les tournées sont plus chargées aussi. Avant, les camions faisaient 10 tonnes. Aujourd’hui, avec le progrès technique, leur capacité à doublé, on est à 20 tonnes. Alors il faut ramasser le double de poubelles pour les remplir. Après, c’est vrai que les dispositifs ont évolués, il y a de plus en plus de PAV, les points d’apport volontaires pour les habitants. Seulement, avec ça, ils ont moins besoin de personnel, un chauffeur c’est suffisant pour vider les conteneurs. »


Y a-t-il un conseil que tu aimerais donner à quelqu’un qui veut faire ce métier ?


« Je ne suis pas sûr de recommander ce métier. Vraiment, je le répète, c’est pénible. Après si vous n’êtes pas feignant et costaud, alors allez-y ! On en a encore besoin. »


Est-ce que ça te manque aujourd’hui ?


« Houlà non, je suis à la retraite et c’est bien comme ça, j'attends quand même que le confinement soit terminé pour aller boire le café avec l’équipe ! »


Si ce portrait vous a plu, si vous avez encore des questions sur le métier de ripeur, si vous-même vous travaillez ou connaissez des agents de propreté qui veulent partager leur expérience, n'hésitez pas à nous contacter. Up to Tri sera ravi de continuer cette série de portraits pour mettre à l’honneur les métiers autour des déchets.

Up to Tri, agence conseil en formation et communication de proximité
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